Citation de la semaine

« Les langues ont toujours du venin à répandre. », Molière, Tartuffe

dimanche 17 février 2013

4ème3/4ème4 - Séance 5 "Le dilemme cornélien"

Textes-supports : Acte I, scène 6 / Acte III scène 4

On appelle proverbialement "dilemme cornélien" une situation dans laquelle on doit choisir entre deux désirs, deux nécessités contradictoires. Dans Le Cid, nous avons vu la première manifestation de ce dilemme dans les stances de Rodrigue (Acte I, scène 6) où le personnage doit choisir entre l'honneur (venger son père en tuant le Comte) et l'amour (refuser le duel dans l'espoir d'épouser Chimène). Il choisit la première solution en dépassant ainsi l'alternative : en plus d'être un outrage à son père, le refus du duel le rendrait lâche aux yeux de Chimène, il choisit par conséquent de défier le Comte.

La seconde manifestation du dilemme cornélien est à la scène 4 de l'acte III, lors de la rencontre entre Rodrigue et Chimène (la première de la pièce, assez tard dans l'intrigue). Ici, l'héroïne doit choisir entre la mort de Rodrigue (que celui-ci lui propose pour sauver la réputation de Chimène) et le fait de lui laisser la vie sauve ( ce qui est censé la déshonorer). Elle choisit cette seconde solution en demandant à Rodrigue de fuir sans être remarqué. Pour elle, ne pas tuer Rodrigue en montrant sa magnanimité rehaussera, au contraire, son honneur. 

dimanche 10 février 2013

4ème3/4ème4 - Séquence 4, Séance 4 "Qu'est-ce qu'un monologue" (partie 1)

Après avoir étudié en cours les stances de Rodrigue (ActeI, scène 6), nous étudierons un autre monologue: celui de Don Diègue après le soufflet du Comte. C'est l'un des plus célèbre passage du Cid et il nous servira de base à l'étude du monologue tragique. A titre de comparaison, nous verrons dans le même cours un monologue comique, lui aussi tiré du théâtre du XVIIème siècle : il s'agit du monologue d'Harpagon, personnage principal de la pièce de Molière intitulée "L'Avare" et que nous étudierons plus tard dans l'année. 

Voici les extraits respectifs des monologues de Don Diègue (Cid, Acte I, scène 4)...


...et d'Harpagon (joué par Louis de Funès). La scène se situe juste après que le personnage - déjà maladivement avare depuis le début de la pièce - s'aperçoit qu'on lui a dérobé sa fortune : 


(Le monologue commence immédiatement et s'achève à 2 minutes 51). 

mardi 5 février 2013

5ème4/5ème5 - Séquence 4, Séance 3 "Le Roman de Renart, une introduction

Séance 3 "Le Roman de Renart, une introduction"

         Les récits comiques les plus populaires de tout le Moyen Age furent les histoires racontées dans le Roman de Renart. Comme les fabliaux, il s'agit d'histoires racontant les défauts de la société humaine, mais cette fois-ci à travers des animaux aux traits humanisés. Le Roman de Renart est un ensemble d'histoires dues à plusieurs auteurs - la plupart anonymes - et inspirées par un texte médiéval latin (Ysengrinus) racontant les aventures de Renart et du loup.

       Les histoires étaient appelées "branches" car elles fonctionnaient en "arborescence" autour d'un "tronc" commun, connu des auditeurs : les personnages (Renart, le loup Ysengrin, mais aussi le lion Noble, le chat Tibert, la louve Hersant, etc...) et leurs caractères, sont toujours les mêmes ainsi que leurs relations et chaque branche fonctionne comme une série ou un épisode de feuilleton apportant de nouvelles aventures des personnages.


4ème3/4ème4 - Séquence 4, Séance 3 "les composantes d'un texte théâtral"

Séance 3:  "Les composantes d'un texte théâtral : l'exemple du Cid"

Un texte théâtral est constitué d'échanges entre les personnages : les échanges très courts s'appellent des stichomythies (cf. Acte 2, scène 2, le face-à-face entre Rodrigue et le Comte) et les longues prises de paroles s'appellent des tirades. Plus rarement, un personnage s'exprime seul sur scène, en général longuement : on appelle cela un monologue (Acte 1, scène 6, les "stances" de Rodrigue).

L'organisation du texte théâtral est structurée : à l'exposition (qui se prolonge généralement au-delà de la scène d'exposition proprement dite, dans tout l'Acte 1 même si l'action a déjà commencé) se succèdent des péripéties liées autour du noeud de l'action, c'est-à-dire du moment où convergent les intérêts des personnages. Le dernier acte (Acte 3 pour certaines comédies courtes, Acte 5 pour la tragédie, la tragi-comédie cornélienne et les grandes comédies) correspond au dénouement. Lorsque un évènement surprenant, inattendu, vient résoudre les problèmes, on parle de "Deux ex machina". 

mardi 29 janvier 2013

5ème4/5ème5 - Séquence 4, Etude d'une image


En quoi ce tableau de Bruegel peut-il vous rappeler les fabliaux?  

Répondez à cette question à la fois :

1°) sur le plan du contenu de l'image (en évoquant des éléments visuels qui se rapprochent des scènes de fabliaux) 
2°) sur le plan de l'atmosphère (qu'est-ce qui dans cette image donne une atmosphère comparable à celle d'un fabliau?)

5ème4/5ème5 - Séquence 4, séance 2 "Les formes de la moquerie dans les fabliaux"


Séance 2 : Les formes de la moquerie dans les fabliaux


            Comme on l’a noté dans la séance précédente, les fabliaux visent à se moquer des défauts de la société. Les fabliaux décrivent des réalités du Moyen Age que les romans de chevalerie n’évoquent pas.
Ainsi, parmi les fabliaux étudiés, « Brifaut » rit de la bêtise du marchand et du caractère colérique de sa femme, « Le Vilain Ânier » se moque des mœurs des paysans ; « La Vieille qui graissa la main du chevalier » critique le goût immodéré de l’argent et se moque de l’incompréhension d’une expression populaire ; enfin, « Le prêtre et les mûres » rit du pêché de gourmandise chez un membre du clergé.
L’attitude des personnages principaux des fabliaux est généralement condamnée par le narrateur. Le point de vue du narrateur est exprimé dans la morale, à la fin du texte.

5ème4/5ème5 - Séquence 4 " La moquerie au Moyen Age", séance 1 "Qu'est-ce qu'un fabliau?"


Séquence 4 : La moquerie au Moyen Age

Textes-support : principalement des fabliaux et des extraits du Roman de Renart ; ouverture aux jeux médiévaux (le jeu de Marion et Robin) et à la chantefable (Aucassin et Nicolette) aux farces.

Séance 1 : Qu’est ce qu’un fabliau ?

Les fabliaux sont des textes originaires du Nord de la France (ils se passent dans des villes du Nord comme Arras, Abbeville, Compiègne ; le mot fabliau vient du dialecte picard, la Picardie est une région du nord). La plupart d’entre eux sont anonymes (on ne connait pas leurs auteurs). Ils se présentent comme des histoires vraies (ou prétendument vraies) et sont issus de la littérature orale, interprétés  avec humour par des jongleurs devant un auditoire.

Comme les fables, les fabliaux sont des textes en vers (généralement en octosyllabes) et s’achèvent par une morale adressée à l’auditoire ou au lecteur. Ils racontent des histoires plaisantes, visant à faire rire en se moquant des défauts humains et critiquant la société du Moyen Age : les vilains, les bourgeois, les prêtres, les femmes…